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Chiffrage · Robot mobile

Combien coûte un AGV ou un robot mobile ?

Le prix d'achat d'un AGV est la partie la plus facile à obtenir, et la moins déterminante. L'infrastructure, l'intégration au système d'information et l'exploitation pèsent souvent autant que le robot — et ce sont elles qui décident si le projet tient.
Ce que ces chiffres sont, et ne sont pas

Des ordres de grandeur pour cadrer un budget et décider s'il faut lancer une étude. Ce ne sont ni des devis, ni des prix de vente : le montant d'un équipement sur mesure dépend d'un cahier des charges qui n'existe pas encore au moment où la question se pose. Les structures de coût, elles, varient beaucoup moins — c'est pourquoi elles ouvrent cette page.

Un chiffrage réel, ligne à ligne

Plutôt qu'une fourchette, voici un dossier complet : un AGV porte-palettes 500 kg à fourches rétractables, avec double LiDAR de sécurité et 12 h d'autonomie. Le chiffrage ci-dessous est celui du dossier publié en entier — nomenclature comprise, jusqu'à la visserie.

Coût matière
25 350 €
Station de charge opportuniste (équipement au sol)
1 400 €
Études & ingénierie (navigation, sécurité)
9 500 €
Assemblage & câblage
3 200 €
Mise en service & certification CE
2 800 €
Marge & aléas (10%)
3 600 €
Total prototype
45 850 €
Coût unitaire à partir de 50 exemplaires
24 800 €

Voir le dossier complet — analyse fonctionnelle, architecture, nomenclature chiffrée, planning et risques. Chiffrage indicatif, à confirmer au sourcing.

Deux enseignements. La matière ne représente que 55 % du premier exemplaire : additionner les prix catalogue des composants donne un chiffre très inférieur au coût réel. Et le passage en série ramène l'unité à 24 800 €, soit près de la moitié — l'étude, la mise au point et la certification ne se paient qu'une fois.

Ce que le prix du robot ne comprend pas

C'est là que les budgets AGV dérapent. Le robot est un poste parmi d'autres, et rarement le plus risqué.

L'infrastructure de charge
Stations de charge, réservation d'emplacements, alimentation électrique amenée au bon endroit. Sur une flotte, c'est un poste à part entière — et il conditionne la disponibilité réelle.
L'état du sol et de l'environnement
Planéité, joints de dilatation, pentes, seuils, portes automatiques, ascenseurs. Un sol non conforme n'empêche pas l'AGV de rouler : il dégrade sa vitesse et sa fiabilité, ce qui se découvre après la mise en service.
L'intégration au système d'information
Un AGV isolé transporte ; un AGV utile reçoit des missions du WMS ou de l'ERP et rend compte. Cette interface est du développement, et c'est le poste le plus souvent sous-estimé.
La sécurité et la conformité
La norme ISO 3691-4 encadre les chariots sans conducteur : détection, distances d'arrêt, signalisation, zones de circulation partagées avec des piétons. L'analyse de risque de la zone n'est pas optionnelle, et elle porte sur l'installation, pas sur le robot seul.
La conduite du changement
Formation des caristes, procédures de reprise sur incident, référent interne. Un AGV sans personne pour le débloquer à 3 h du matin est un AGV à l'arrêt jusqu'au lendemain.
L'exploitation annuelle
Maintenance, batteries à remplacer au bout de quelques années, mises à jour logicielles, contrat de support. Comptez ce poste dès l'étude : c'est lui qui fait basculer un retour sur investissement.

Un AGV se rentabilise-t-il ?

La comparaison naïve — le prix du robot contre le salaire d'un cariste — est presque toujours fausse, dans les deux sens. Elle oublie le coût d'exploitation de la machine, et elle suppose que l'opérateur libéré quitte l'entreprise, ce qui n'arrive quasiment jamais : il est redéployé, et le gain est en capacité, pas en masse salariale.

Un AGV se justifie surtout quand le flux est répétitif, long et régulier — de la palettisation vers un quai, un va-et-vient entre deux zones fixes. Sur un flux court, irrégulier ou très variable, le cariste reste imbattable.

Le calculateur de retour sur investissement pose le calcul complet, coût d'exploitation compris.

Questions fréquentes

Combien coûte un AGV en 2026 ?
Le dossier ci-dessus donne 45 850 € pour un porte-palettes 500 kg en premier exemplaire, et 24 800 € l'unité en série. Un AGV de manutention légère se situe nettement en dessous, un chariot autonome gerbeur de forte charge nettement au-dessus. Dans tous les cas, comptez l'infrastructure et l'intégration en plus.
AGV ou AMR ?
Un AGV suit un chemin défini — bande magnétique, réflecteurs, trajectoire apprise. Un AMR navigue librement et contourne les obstacles. L'AMR coûte plus cher à l'achat et bien moins en infrastructure ; il devient rentable dès que les trajets changent ou que l'allée est partagée.
Faut-il un ou plusieurs robots ?
Le calcul se fait sur le temps de cycle complet, temps de charge compris — pas sur la vitesse de déplacement. Un seul robot qui couvre 80 % du besoin oblige à garder l'organisation manuelle pour les 20 % restants, ce qui annule une bonne part du gain.
Quelle durée de vie, et quel coût de batterie ?
La mécanique tient une dizaine d'années ; la batterie, quelques milliers de cycles selon la technologie et le mode de charge. Une charge d'opportunité fréquente ménage nettement la batterie par rapport à des cycles complets. Provisionnez son remplacement dans le calcul de rentabilité.
Peut-on faire cohabiter AGV et piétons ?
Oui, c'est le cas courant, et c'est précisément ce qu'encadre l'ISO 3691-4 : détection 360°, distances d'arrêt, vitesses réduites en zone partagée, signalisation. Cela se conçoit au niveau de la zone, pas du robot.

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