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Méthodologie

Comment RAAI produit un dossier — et ce qu'il ne sait pas faire

Un ingénieur qui reçoit un dossier chiffré vérifie trois prix qu'il connaît. S'il en trouve un faux et que rien ne l'annonçait, il ne conclut pas « ce prix est faux » : il conclut « tout est inventé ». Il a raison.

Cette page décrit donc la chaîne complète : d'où viennent les prix, comment le score est calculé, quels contrôles tournent, et où se trouvent les limites. Rien n'y est présenté comme plus sûr qu'il ne l'est.

Les quatre étapes d'un dossier

1
Analyse du besoin
Votre description — ou votre cahier des charges, votre AVP, votre note technique — est lue par un module d'analyse qui en extrait les exigences : fonction, charge, cadence, encombrement, environnement, contraintes réglementaires. Il produit aussi la liste de ce qui manque pour concevoir sérieusement.
2
Questions de cadrage
Ce sont ces manques qui deviennent des questions. Elles ne sont pas un formulaire générique : elles dépendent de ce que votre description ne dit pas. Vous pouvez laisser une question sans réponse — RAAI prendra alors une hypothèse, et le dossier indiquera laquelle.
3
Conception
Les spécialités pertinentes s'activent selon le besoin : mécanique, électrique, logiciel, fabrication, sécurité, coûts. Elles arbitrent entre plusieurs architectures et en recommandent une, en expliquant pourquoi les autres ont été écartées.
4
Chiffrage et contrôles
La nomenclature est construite poste par poste, puis chiffrée selon l'ordre de priorité décrit ci-dessous. Des contrôles de cohérence tournent ensuite sur le résultat, avant affichage.

D'où viennent les prix

Chaque ligne de nomenclature est chiffrée par la première source disponible dans cet ordre. Une source plus haute écrase toujours une source plus basse :

1
Votre bibliothèque
Si le composant correspond à une référence de vos catalogues, prix négociés ou listes d'achat importés, c'est votre prix qui est retenu. C'est la source la plus fiable, et la seule qui reflète vos conditions réelles d'achat.
2
Sourcing du dossier
Un prix trouvé et validé lors du sourcing fournisseurs de ce dossier précis.
3
Estimation du modèle
À défaut, un prix marché indicatif proposé par le modèle. C'est une estimation, pas un devis. Elle sert à obtenir un ordre de grandeur défendable, pas à engager un budget. Chaque dossier le rappelle à l'endroit où les prix sont affichés.

C'est la raison d'être de la bibliothèque : plus vous l'alimentez, plus la part de vos dossiers chiffrée au rang 1 augmente, et moins vous dépendez d'estimations génériques.

Les contrôles de cohérence

Un modèle de langage peut produire un total parfaitement plausible et faux d'un facteur dix. Le chiffrage est donc confronté à des ordres de grandeur métier : selon la catégorie d'équipement reconnue, un budget total hors de ces bornes déclenche un écart signalé sur le dossier.

ligne ou machine de production industrielle
ligne de conditionnement, atelier clé en main
à partir de 150 000 €
machine spéciale simple ou poste automatisé
poste automatisé, cellule robotisée, palettiseur
40 000 € à 150 000 €
équipement professionnel autonome
passerelle, portique, rack, banc d'essai
8 000 € à 40 000 €
appareil domestique
appareil grand public
0 € à 8 000 €

Ces bornes sont larges à dessein : elles n'ont pas vocation à valider un prix, seulement à attraper un résultat aberrant. Un écart signalé ne veut pas dire que le dossier est faux — il veut dire qu'il faut le regarder avant de l'envoyer.

Ce que mesure le score d'ingénierie

Le score ne note pas la qualité de la machine. Il note la maturité du cahier des charges.

Le calcul est simple, et c'est volontaire — un indicateur qu'on ne peut pas expliquer ne sert à personne :

  • Chaque typologie d'équipement part d'une note de référence, déclinée sur cinq axes — performance, coût, complexité, fabrication, sécurité.
  • Chaque point d'incertitude non levé — une information manquante, un risque identifié sans parade — retire 7 points.
  • La pénalité est plafonnée à 30 points et le score ne descend jamais sous 35 : un dossier très incomplet reste un point de départ, pas un échec.

Conséquence pratique : un score bas est une liste de questions à poser à votre client, pas un verdict sur la faisabilité. Répondre aux points signalés et relancer le dossier fait remonter le score, parce que l'incertitude a réellement diminué.

Un garde-fou explicite : une alerte à laquelle vous avez répondu entre-temps est retirée avant affichage. Un dossier qui reproche une information figurant dix centimètres plus haut ne se relit pas deux fois.

Ce que RAAI ne sait pas faire

Cette liste est aussi importante que la précédente. Si l'un de ces points est critique pour votre projet, RAAI ne remplace pas le travail correspondant :

Valider un dimensionnement
Les ordres de grandeur proposés doivent être vérifiés par le calcul. RAAI cadre et propose ; il ne signe pas une note de calcul.
Garantir une conformité réglementaire
Les normes applicables sont citées et les risques identifiés, mais l'analyse de risque opposable, le dossier technique de construction et le marquage CE restent à la charge du concepteur.
Produire une CAO de définition
Les vues, plans cotés et modèles 3D sont des vues d'étude destinées à faire comprendre une architecture. Ce ne sont pas des plans de fabrication.
Engager un prix
Aucun chiffrage produit n'est un devis. Les prix issus du modèle sont indicatifs et doivent être confirmés au sourcing.
Remplacer la connaissance de votre client
RAAI travaille sur ce qu'on lui dit. Les contraintes non exprimées — un existant particulier, une habitude d'atelier, une exigence implicite — n'apparaîtront pas d'elles-mêmes.

Quelle IA, et ce qu'elle fait de vos données

Les modèles utilisés sont ceux de l'API d'Anthropic (famille Claude). Concrètement :

  • Vos cahiers des charges sont transmis à l'API pour produire le dossier, et ne servent pas à entraîner de modèle.
  • Pendant le lancement, l'application est un atelier ouvert : les dossiers créés dans l'app sont visibles par tous les visiteurs — n'y déposez pas de projet confidentiel.
  • Votre bibliothèque — prix négociés, fournisseurs, catalogues — reste attachée à votre compte et n'est jamais partagée entre comptes.
  • Le partage avec un client passe par un code d'accès que vous générez, sur une vue restreinte.

Le détail figure dans la politique de confidentialité.

Qui est derrière RAAI

RAAI Designer Studio est conçu et développé par Raphaël Lapèze. Les typologies couvertes, les postes de nomenclature, les bornes de cohérence et la structure des dossiers viennent de la pratique de la conception d'équipements industriels — pas d'une extraction automatique de documentation.

Une question sur la méthode, un désaccord sur un chiffrage, un cas que RAAI traite mal : raphael.lapeze@gmail.com. Les corrections de méthode viennent de ces retours.

Jugez la méthode sur un dossier réel

Un dossier complet est publié en entier — nomenclature, chiffrage et score compris.