Outil gratuit · Manutention
Calculer la puissance moteur d'un convoyeur à bande
Effort de frottement, effort de levage, puissance à installer et couple sur le tambour. Le calcul compte la bande sur ses deux brins — l'oubli le plus fréquent, et celui qui fait chauffer un motoréducteur trois mois après la mise en service.
Résultats
Puissance moteur à installer
première puissance CEI au-dessus du calcul
0,18 kW
Effort total à l'entraînement
219 N
Couple sur le tambour
à comparer au catalogue réducteur
11,0 N·m
Charge linéique de produit
0,56 kg/m
Masse de produit sur la bande
5,6 kg
Puissance utile
avant rendement
110 W
En pente, prévoyez un frein anti-retour sur le motoréducteur : à la coupure d'alimentation, la charge redescend.
Formule
q = Q / (3600 · v) [kg/h, m/s → kg/m]
m_prod = q · L
m_bande = 2 · L · q_bande [aller ET retour]
F_frott = µ · (m_prod + m_bande) · g · cos α
F_lev = m_prod · g · sin α
P_util = (F_frott + F_lev) · v
P_mot = P_util / η
Hypothèses
- Convoyeur à bande de manutention de colis, régime établi.
- La bande frotte sur ses deux brins : le brin retour est compté.
- L'effort de levage ne porte que sur le produit, pas sur la bande, qui redescend.
- Le démarrage n'est pas couvert : accélérer la charge demande un couple supérieur.
Hors du domaine de validité
- Bandes transporteuses de vrac : la section de chargement intervient, ce calcul ne convient pas.
- Au-delà de 30 m, la tension de bande devient dimensionnante avant la puissance.
- Convoyeurs à chaîne, à rouleaux motorisés ou à taquets : autres coefficients.
- Accumulation de colis à l'arrêt : le frottement produit sur produit s'ajoute.
Références — Coefficients de frottement usuels des constructeurs de bandes (Habasit, Ammeraal, Forbo) ; puissances normalisées CEI 60072. · Ce calculateur donne un ordre de grandeur de pré-dimensionnement. Il ne remplace pas une note de calcul ni la validation d'un ingénieur.
Méthodologie.
Deux efforts, dont un qu'on oublie
Entraîner un convoyeur, c'est vaincre deux choses. Le frottement de la bande sur son support existe toujours, même à plat, et il porte sur la bande entière — brin porteur et brin retour. Le levage n'apparaît qu'en pente, et il ne concerne que le produit : la bande, elle, redescend de l'autre côté.
Oublier le frottement sur un convoyeur horizontal donne une puissance nulle, ce qui alerte. Oublier le brin retour divise le frottement par deux, ce qui n'alerte personne : le convoyeur démarre, tourne, puis le motoréducteur chauffe et le variateur passe en défaut thermique — souvent l'été suivant.
Le choix du support est le paramètre le plus lourd : passer d'une glissière acier (µ = 0,33) à des rouleaux porteurs (µ = 0,05) divise l'effort de frottement par plus de six. C'est le premier levier quand la puissance calculée sort trop haut.
Les pièges du calcul de convoyeur
—Confondre débit horaire et charge sur la bande
1 000 kg/h ne veut pas dire 1 000 kg sur le convoyeur. À 0,5 m/s sur 10 m, il y a en réalité 5,6 kg de produit dessus. Utiliser le débit brut surdimensionne d'un facteur 3 600.
—Oublier le brin retour
La bande fait le tour : elle frotte sur toute sa longueur développée, soit deux fois l'entraxe. Sur un convoyeur peu chargé, la bande pèse plus lourd que le produit — c'est elle qui dimensionne.
—Négliger le frein anti-retour en pente
À la coupure d'alimentation, une bande inclinée chargée redescend. Un motoréducteur à frein n'est pas une option de confort : c'est une fonction de sécurité.
—Dimensionner au régime établi
Le démarrage demande davantage : il faut accélérer la masse en mouvement. Sur un convoyeur long et chargé, c'est le démarrage qui choisit le moteur — d'où l'intérêt d'une rampe au variateur.
—Monter l'angle au-delà de ce que la bande retient
Une bande lisse cesse de retenir des colis vers 15-20°. Au-delà, il faut des tasseaux, une bande crantée ou un convoyeur à taquets — sinon les colis glissent, et le calcul de puissance devient sans objet.
Questions fréquentes
Quelle vitesse de bande choisir ?
0,2 à 0,5 m/s pour de la manutention de colis avec reprise manuelle ; jusqu'à 1 m/s en transfert automatique. Au-delà de 1,5 m/s, la tenue des colis en transfert devient le sujet, pas la puissance.
Pourquoi la puissance conseillée est-elle bien au-dessus du calcul ?
Parce que les moteurs se vendent en tailles normalisées CEI. Le calculateur propose la première au-dessus : prendre celle du dessous, c'est fonctionner en surcharge permanente.
Ce calcul couvre-t-il la tension de bande ?
Non, et c'est une limite importante. Au-delà d'une trentaine de mètres, c'est la tension admissible de la bande qui dimensionne, avant la puissance. Il faut alors un calcul de tension complet.
Et pour un convoyeur à rouleaux motorisés ?
Le principe reste le même, mais les coefficients changent et l'entraînement est réparti. Ce calculateur est calibré pour une bande sur glissière ou sur rouleaux porteurs.
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